Revenir au site

Des élèves engagés pour leur avenir

Le 29 mars 2022, l’équipe du Climathon s’est déplacée au Collège Rambert à Clarens, sur la Commune de Montreux, pour organiser le 4ème Climathon des jeunes en Suisse Romande. Âgés entre 13 et 16 ans, les élèves ont réfléchi à la thématique de l’alimentation durable et ont été très créatifs.

Réflexion et action

Un climathon? Mais de quoi parle-t-on? Le Climathon des jeunes donne la possibilité aux jeunes d'agir concrètement pour une société durable. En petits groupes, ils ont une journée pour réfléchir à la problématique de l’alimentation durable et proposer une solution concrète et réalisable à leur échelle. Avec leurs enseignants, les élèves ont préparé en amont la thématique du réchauffement climatique et les enjeux liés à l’alimentation. 

Une journée intense

Le 29 mars, 60 adolescents étaient attendus dans la salle de conférence du Collège Rambert pour le lancement du Climathon. Puis, répartis en 12 groupes, les élèves ont été accompagnés par 5 facilitatrices durant toute la journée. Ces dernières, les ont guidés dans les différentes étapes de travail. Après de brèves présentations et un petit échauffement pour préparer les neurones, les élèves ont formulé des problématiques, en commençant pa : “Comment pourrions-nous….”. Les élèves ont ainsi pu mettre des mots sur leurs préoccupations en lien avec la problématique de l’alimentation durable. Comme par exemple, comment pourrions-nous diminuer la pollution des plastiques, comment pourrions-nous manger plus sainement, etc… Après plusieurs propositions, chaque équipe a choisi une problématique, qui les a guidés tout au long de la journée. 

Une fois la problématique sélectionnée, place au méli-mélo ! Tous les élèves ont noté sur des post-it toutes les idées, solutions, qui répondaient à leur “Comment pourrions-nous…?”. Il n’y a pas de “juste”, de “faux”, pas de limites, pas de contraintes. L’explosion d’idées a offert aux groupes un panel de solutions à mettre en œuvre. Les facilitatrices sont là pour aiguiller les équipes tout au long du processus, mais l’imagination des élèves est toujours débordante et demande juste à s’exprimer. Lorsque toutes les idées sont sorties, le groupe doit se mettre d’accord sur une solution, qui deviendra leur projet concret à mettre en œuvre. Pour les aider à concrétiser leur idée, les élèves doivent réfléchir à plusieurs questions : qui va mettre en œuvre le projet, en quoi consiste l‘action, pour qui est mise en place l’action et pourquoi ces personnes sont satisfaites de ce projet. Les élèves avaient une heure et demie pour définir leur projet et préparer leur pitch de présentation pour l’après-midi. 

Durant la matinée, chaque groupe a pu bénéficier de la visite d’expert-es chevronné-es et spécialistes dans le domaine de l’alimentation, l’agriculture et la durabilité. Les jeunes ont pu compter sur l’expérience de Delphine Girod Valloton, de la Ferme la Solide au Mont Pèlerin, Fabrice Maurer, créateur de l’épicerie participative Epicoop à Vevey et Pascal Mullener, délégué à l’énergie à la Commune de Montreux. Ce dernier a accompagné les élèves toute la journée. Il a participé notamment en tant que Jury et a également organisé l’événement en collaboration avec l’Association Climathon des jeunes et les enseignant-es du Collège. 

Place aux résultats

Après une pause bien méritée, chaque groupe s’est remis au travail pour la dernière ligne droite. Il leur restait une demi-heure pour finaliser leur présentation et s’exercer à parler devant l’assemblée, soit environ 70 personnes (les élèves, les observateurs, les membres du jury, les enseignant-es et les facilitatrices). Un exercice difficile pour les élèves, qui ont plus l’habitude de faire des présentations en classe, en petit comité. 

Un grand coup de stress et d’adrénaline, chaque minute comptait pour peaufiner la présentation. Pour la première fois, chaque groupe avait à sa disposition un ordinateur portable. Maîtrisant les outils pour faire des présentations, les élèves ont été très créatifs en ajoutant des images, des plans, des détails très précis et des slogans originaux. 

A 14h15, les élèves se sont à nouveau réunis dans la salle de Conférence, pour exposer leur projet durable aux membres du jury, composé des représentants de la Commune de Montreux, avec Pascal Mullener, délégué et Caleb Walther, Municipal. Il y avait également Philippe Valazza, Directeur du Collège et Eric Balsiger, représentant de l’Association Permariviera. 

Bien que la thématique de l’alimentation soit identique pour tous les groupes et que certains avaient choisi des problématiques similaires, comme par exemple augmenter la consommation de produits locaux, de saisons et bio, chaque projet était unique, original et pertinent. Avec plus ou moins un peu de stress, chaque groupe a réussi à parler en public et à présenter son idée. Ils ont su également mettre en avant la problématique et les atouts de leur projet. Les critères étaient les suivants: Le projet devait proposer une amélioration à un problème lié au changement climatique, être innovant, être réalisable par les élèves (avec l’aide d’acteurs externes) et exprimer de la motivation et de l’enthousiasme de la part des membres de l’équipe. Tous les élèves ont joué le jeu et chaque projet a répondu aux différents critères. 

broken image

Favoriser les produits locaux, bio et de saison

Parmi les projets, un groupe a imaginé créer un potager dans des anciennes serres du Collège, pour développer un projet pédagogique et pour que les habitant-es de la commune puissent manger local. Le jardin serait ouvert à tous et le surplus de légumes serait destiné à des associations caritatives. D’autres élèves aimeraient créer une épicerie qui ne vendrait que des produits locaux, en travaillant avec des producteur-trices et agriculteur-trices de la région et avec à l’appui un slogan tel que : “Ne polluez pas, restez là!”. Soucieux de valoriser le bio, certains jeunes proposent de créer un site Internet qui mettrait en avant les produits bio, en proposant des légumes, des fruits, des produits laitiers, de la viande bio, avec un calendrier des produits de saisons et la possibilité de commander et de se faire livrer les produits, par des bénévoles qui parcouraient la région à vélo. D’autres élèves ont proposé de faire des dégustations dans les magasins ou au marché de produits bio et locaux, afin de faire connaître davantage ces produits à la population. Ils souhaitent également créer une entreprise qui ferait le lien entre les producteur-trices et les consommateur-trices. 

S’intéressant davantage à la législation, certains jeunes souhaitent sensibiliser les gens aux produits locaux et diminuer le gaspillage alimentaire. Pour ce faire, ils proposent de changer les lois et de diminuer les importations de pays lointains. Afin de sensibiliser le grand public, ils prévoient de mettre en place une pétition et d’organiser un événement.

Soucieux de l’impact de la production de viande sur l’environnement, un groupe a choisi de sensibiliser les gens à consommer moins de viande, avec de délicieuses recettes originales et alléchantes sans viande, telles que des burgers de lentilles ou des galettes de pommes de terre. Ils aimeraient également que ces plats soient proposés dans la cantine de l’école. A l’inverse, un groupe, dont les membres souhaitent davantage miser sur la consommation de viande locale, a imaginé un poulailler au Collège Rambert. Ce sont les élèves qui s'occuperaient du poulailler et les œufs seraient vendus dans les petits commerces. 

Réduire le gaspillage alimentaire et la pollution

De jeunes entrepreneurs ont souhaité réduire le gaspillage alimentaire et créer un élan de solidarité, en récoltant des invendus dans les magasins pour les revendre à petits prix pour des personnes dans le besoin. Les mêmes élèves ont également imaginé une carte de fidélité disponible dans les restaurants, qui permettrait de récompenser les personnes qui demandent à emporter leurs restes de repas. Ils recevraient ainsi un repas ou une boisson gratuite après tant de doggy bags commandés. Afin de limiter davantage le gaspillage alimentaire, un autre groupe a souhaité organiser des journées de troc à l’école, ouvertes à tous et toutes, ou chacun pourrait échanger de la nourriture, avant qu'elle ne soit périmée. 

Touchés par la pollution des microplastiques dans les mers, un groupe a eu l’idée de sensibiliser les gens à cette thématique en faisant des campagnes sur les réseaux sociaux. Ils s’engagent également à travailler directement avec les restaurants et cafés pour que ceux-ci arrêtent de proposer des pailles en plastique, et s’ils souhaitent quand même en avoir, de les remplacer par d’autres matériaux (bambou, carton, acier inoxydable ou glaçons). 

Une idée devient concrète

Finalement, après une délibération difficile du jury, le projet sélectionné (car jugé le plus réalisable parmi toutes les propositions et répondant à un besoin urgent) est un projet de boulangerie pour la récréation à l’école Rambert. Les jeunes créateurs souhaitent offrir un service de boulangerie avec des produits locaux aux élèves et aux enseignants, en travaillant avec des producteurs et productrices de la région. Les bénéfices issus de la vente des produits permettrait aux élèves de fournir leurs caisses de classe et financer leurs sorties de classe. De plus, cela permettrait à tous et toutes de manger un goûter sain et équilibré. Les jeunes proposent même de laisser la possibilité aux classes de se transformer en pâtissier, en confectionnant eux-mêmes certains gâteaux. Les invendus seront par la suite proposés à des personnes en situation de précarité.

M. Valazza, directeur de l’établissement, a annoncé en personne le résultat : tous les projets répondaient aux critères. Il a remercié et félicité tous les groupes pour leur magnifique travail et leur créativité. Les élèves, fatigués, mais fiers étaient contents de terminer la journée et de repartir avec un goûter composé de… produits de la région ! (Pommes, jus de pomme et fromage)

Le  bilan de ce Climathon est positif et les enseignant-es étaient très satisfait-es du bon déroulement de la journée.

 

Plus d'infos sur le Climathon des jeunes