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Votations fédérales: un oui à la loi sur le climat sera favorable à l'économie

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Le 18 juin prochain, le peuple suisse se prononcera sur plusieurs objets dont la nouvelle loi fédérale sur les objectifs en matière de protection du climat, sur l’innovation et sur le renforcement de la sécurité énergétique soumise au référendum. Le sujet étant complexe, eqlosion propose de décrypter les principales incidences de cette loi sur l’économie du pays et sur son empreinte climatique.

La Suisse importe 75% de son énergie sous forme principalement de gaz et de pétrole. Produire davantage d’énergie issue du renouvelable sur son territoire lui permettrait de limiter sa dépendance envers les pays étrangers mais aussi de tendre vers la neutralité carbone en 2050 comme elle s’y est engagée en signant l’Accord de Paris. Pour atteindre cet objectif ambitieux, le Parlement propose une loi sur le climat, qui est également un contre-projet indirect à l’initiative pour les glaciers déposée en 2019. Moins restrictive que cette dernière, la nouvelle loi n’interdit pas les énergies fossiles et n’introduit pas non plus de taxes ou d’impôts supplémentaires. Elle vise plutôt les trois objectifs suivants: le premier est réduire les émissions de gaz à effet de serre en misant sur des aides financières qui faciliteront le déploiement des énergies renouvelables et le développement des technologies d’émission négative*. Le deuxième objectif consiste à protéger le territoire face aux effets des changements climatiques. Finalement, la loi veut rendre les flux financiers suisses compatibles avec les objectifs climatiques.

Pour renforcer l’économie

La loi soutiendra le développement, la promotion et l'implémentation des innovations technologiques, comme le captage du CO2, en accordant des subventions aux entreprises qui y recourent pour diminuer leur empreinte carbone. Les particuliers pourront eux aussi bénéficier de mesures d’accompagnement, ces dernières concernant également le remplacement des chauffages dans tous les bâtiments par des alternatives renouvelables comme les pompes à chaleur à haute température. De plus, la loi permettra d’atténuer les dommages causés par les changements climatiques sur la population, les infrastructures, les biens matériels, la biodiversité, l’agriculture et l’économie de manière générale. Elle donnera en effet la responsabilité à la Confédération et aux cantons de veiller à ce que des mesures d’adaptation du territoire soient prises. Il s’agit notamment d’anticiper les dangers naturels et leurs conséquences économiques, ou encore prévenir les épidémies humaines et animales, les pénuries d’eau néfastes à l’agriculture et assurer l’approvisionnement énergétique.

Pour assurer la pérennité des entreprises

Pour toucher les aides financières prévues dans la loi, les entreprises devront élaborer des feuilles de route d’ici à 2029. Il s’agit plus précisément pour elles de préparer une stratégie de durabilité avec un plan d'action réalisable. Les bilans carbone et les ACV (analyses cycle de vie) sont les instruments usuellement utilisés pour identifier et prioriser les meilleures actions à mettre en œuvre. Ils se basent principalement sur l’analyse des données de l’entreprise. De telles actions sont profitables aux entreprises, même aux plus petites, qui ont tout intérêt à devenir actives dans la protection de l’environnement. Entreprendre des démarches dans ce sens est bon pour leur compétitivité, pour la communication auprès des clients et des actionnaires dont les attentes sont grandissantes, pour attirer des nouveaux talents, mais aussi pour leur image et pour respecter les futures législations. De plus, il devient opportun pour elles de se détourner des énergies fossiles dont les prix sont volatils et l’approvisionnement incertain. Finalement, de plus en plus de leurs partenaires ont ou vont fixer des objectifs climatiques pour toute leur chaîne de valeur. C’est déjà le cas par exemple d’ABB, Cartier, Denner, Emmi, Givaudan, Mammut, Migros, Nestlé, Novartis ou encore Swisscom qui se sont engagés dans la démarche SBTI (science based targets initiative) qui les contraint à choisir des fournisseurs et sous-traitants en conformité avec leurs engagements climatiques.

Pour toutes ces raisons, et à l’instar du Parlement, du Conseil fédéral et de tous les partis politiques excepté l’UDC, eqlosion soutient la nouvelle loi pour le climat. Il s’agit d’un grand pas en avant pour la Suisse qui laisse entrevoir l’espoir d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

 

*technologies d’émission négative: procédés biologiques et techniques pour extraire de l’atmosphère le CO2 et le fixer durablement dans les forêts, les sols ou d’autres puits de carbone.

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